La Chevrolet Impala 1967 de Supernatural n’est pas un modèle SS. Cette précision, souvent noyée dans l’enthousiasme des fans, change radicalement la lecture de la voiture, aussi bien à l’écran que sur le marché automobile. Comprendre ce que Baby est vraiment, du châssis aux pièces de tournage, permet de mesurer comment une berline quatre portes relativement banale des années 1960 s’est transformée en objet de collection dont la cote dépend autant de la configuration que de l’authenticité.
Impala Sport Sedan contre Impala SS : les écarts techniques qui comptent
La confusion entre l’Impala Sport Sedan et l’Impala SS revient dans presque toutes les discussions autour de la voiture Supernatural. Le modèle visible à l’écran est une berline quatre portes hardtop, pas un coupé SS. La différence ne se limite pas au nombre de portes.
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| Critère | Impala Sport Sedan 1967 (voiture de Dean) | Impala SS 1967 |
|---|---|---|
| Carrosserie | Berline 4 portes hardtop | Coupé 2 portes (parfois cabriolet) |
| Moteur de série | V8 327 ci (5,4 L) | V8 jusqu’au 427 ci selon option |
| Puissance (série) | Environ 275 ch | Variable, jusqu’à plus de 400 ch sur les versions hautes |
| Positionnement d’origine | Berline familiale haut de gamme | Muscle car / performance |
| Volume de production | Très élevé | Plus limité |
Le choix d’Eric Kripke reposait sur un besoin pratique : une voiture massive, capable de contenir deux acteurs de grande taille et tout un arsenal dans le coffre. Un coupé SS deux portes n’aurait pas rempli ce rôle. La berline offrait aussi un aspect moins tape-à-l’oeil, plus cohérent avec des personnages censés passer inaperçus sur les routes américaines.

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Chevrolet Impala 1967 de tournage : neuf voitures, neuf fonctions
La production de Supernatural a mobilisé au moins neuf Impala distinctes sur l’ensemble des quinze saisons. Chaque véhicule avait un usage précis, et cette répartition révèle la logistique réelle d’un tournage au long cours.
- Une voiture principale pour les scènes de dialogue et les gros plans intérieurs, maintenue dans un état cosmétique irréprochable
- Des voitures de cascade, équipées de renforts structurels et de moteurs plus puissants (certaines sources mentionnent des V8 allant jusqu’au 502 ci, soit environ 550 ch) pour les séquences d’action
- Des coques partielles ou des véhicules en état moyen, utilisés pour les plans larges ou les scènes de destruction
- Au moins une voiture dédiée aux scènes de nuit et de pluie, avec un traitement spécifique de la carrosserie pour capter la lumière
Ce parc de tournage pose un problème direct pour le marché de la collection. Aucune des neuf voitures n’est « la vraie Baby » au sens strict. Chacune a porté la plaque KAZ 2Y5 à un moment donné, mais aucune n’a traversé l’intégralité des 327 épisodes.
Incohérences visuelles entre épisodes
Les fans les plus attentifs ont relevé des détails changeants d’un épisode à l’autre : montants de toit (piliers B) visibles ou non, variations dans les chromes, différences subtiles de teinte. Ces écarts s’expliquent par la rotation des véhicules sur le plateau et par les restaurations successives après les scènes de cascade.
Un véhicule accidenté pour un épisode pouvait être remplacé par un autre exemplaire sans que la continuité visuelle soit parfaitement maintenue. Pour un collectionneur, ces micro-variations constituent paradoxalement un critère d’authentification : une Impala présentée comme « voiture de tournage Supernatural » devrait porter les traces de ces modifications spécifiques.
Cote Impala 1967 : comment la série a changé la valeur d’une berline ordinaire
Avant Supernatural, l’Impala 1967 quatre portes se situait dans une fourchette de prix modeste sur le marché des classiques américains. Les coupés SS captaient la quasi-totalité de l’attention des collectionneurs et des spéculateurs.
La diffusion de la série sur quinze saisons a provoqué un renversement. La berline quatre portes est passée de véhicule d’entrée de gamme à modèle recherché, tirée vers le haut par la demande des fans. Les annonces sur les sites spécialisés américains montrent des écarts de prix considérables selon l’état, la configuration mécanique et la couleur.
Les critères qui font varier la cote
Trois facteurs déterminent le prix d’une Impala 1967 sur le marché actuel :
La couleur noire d’origine fait monter la valeur. Une Impala noire en bon état se négocie nettement plus cher qu’un exemplaire dans une autre teinte, même à état mécanique comparable. La demande des fans de Supernatural crée un premium spécifique sur cette couleur.
Le moteur V8 327 ci, celui du modèle de fiction, reste le plus cohérent pour une réplique. En revanche, les exemplaires équipés de blocs plus gros (396 ou 427 ci) conservent une valeur propre liée à la performance, indépendante de l’univers de la série.
L’authenticité des pièces d’époque pèse plus que la puissance dans le segment collection. Un exemplaire avec sa transmission d’origine, ses chromes de première monte et son tableau de bord intact se distingue clairement d’une restauration avec des pièces de remplacement modernes.

Réplique Supernatural ou Impala d’époque : deux marchés distincts
Le marché s’est scindé en deux segments qui ne répondent pas aux mêmes logiques d’achat. D’un côté, les répliques assumées : des Impala 1967 (parfois des Caprice, un modèle très proche) restaurées et configurées pour ressembler à Baby, avec la peinture noire, la plaque KAZ 2Y5 et parfois un coffre aménagé en arsenal. Ces véhicules ciblent les fans et les événements de convention.
De l’autre, les Impala 1967 authentiques, recherchées par les amateurs d’automobiles classiques américaines. Pour ce second segment, la provenance documentée et la matching numbers font la différence, pas le lien avec la série télévisée.
Un projet de restauration sur base d’Impala ou de Caprice 1967 reste accessible comparé à d’autres classiques américains. La production massive de ces modèles dans les années 1960 signifie que les pièces détachées circulent encore, et que les carrosseries en état de projet se trouvent à des prix raisonnables.
La frontière entre ces deux marchés se brouille quand des pièces réellement utilisées sur le tournage apparaissent en vente. Un rétroviseur, un enjoliveur ou un morceau de chrome issu d’une des neuf voitures de production acquiert une valeur de mémorabilia qui dépasse largement sa valeur automobile. Sans certificat d’authenticité lié à la production, ces pièces restent difficiles à vérifier, ce qui limite leur prix plancher mais laisse leur prix plafond ouvert aux enchères entre fans.

