La voiture du film 6 Underground est une Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, désignation interne 952, équipée du V6 2.9 litres biturbo développé en collaboration avec Ferrari. Pas une Giulia Veloce, pas une version de base remotorisée pour les besoins du tournage : le modèle retenu par la production est bien la déclinaison la plus radicale de la gamme, celle qui porte le trèfle à quatre feuilles sur les ailes avant.
V6 2.9 biturbo et châssis 952 : la base technique de la Giulia du film
Le choix de la Quadrifoglio plutôt qu’une autre version de la Giulia n’est pas anodin sur le plan mécanique. Le bloc 2.9 biturbo à 90° partage son architecture avec certains moteurs Ferrari de la même époque, ce qui lui confère un régime de rotation et une sonorité exploitables en prise de son directe sur le tournage.
En configuration standard, ce V6 envoie sa puissance aux roues arrière via une boîte automatique ZF à huit rapports et un différentiel arrière actif. C’est cette architecture propulsion qui permet les dérapages longs visibles dans la séquence d’ouverture à Florence. Une transmission intégrale aurait rendu ces figures bien plus difficiles à reproduire de manière contrôlée.
Les exemplaires du film ont reçu des modifications ciblées, dont l’ajout d’un frein à main hydraulique dédié aux cascades. Ce dispositif, absent de la version de série (qui utilise un frein de stationnement électrique), permet aux pilotes de bloquer instantanément l’essieu arrière pour déclencher des tête-à-queue maîtrisés dans les ruelles étroites.

Couleur vert acide de la Giulia Quadrifoglio : une teinte hors catalogue
La couleur qui rend cette Giulia immédiatement reconnaissable à l’écran n’existe pas au configurateur Alfa Romeo. Il s’agit d’un covering vert acide appliqué exclusivement pour le film, choisi pour trancher avec les tons ocre et terre de Sienne des façades florentines. Michael Bay a une approche très directe de la lisibilité visuelle : la voiture doit rester identifiable dans chaque plan, même à distance ou en mouvement rapide.
Ce choix chromatique a eu un effet collatéral intéressant pour Alfa Romeo. La teinte Verde Quadrifoglio, proposée au catalogue sur certains marchés, a vu ses commandes augmenter après la sortie du film, bien qu’elle soit sensiblement différente du vert fluo du tournage. La confusion entre les deux nuances a alimenté des discussions nourries sur les forums spécialisés.
Modifications châssis et préparation cascade : ce qui distingue les exemplaires de tournage
La production a utilisé plusieurs exemplaires de la Giulia Quadrifoglio pour couvrir les besoins du tournage. Nous observons sur les images de plateau des différences notables par rapport à un modèle de série :
- Arceau de sécurité dissimulé derrière l’habillage intérieur, invisible à la caméra mais conforme aux exigences des coordinateurs de cascades
- Suspensions recalibrées pour encaisser les chocs répétés sur les pavés florentins sans endommager les trains roulants entre deux prises
- Frein à main hydraulique câblé en dérivation du circuit de freinage arrière, avec levier accessible au pilote depuis le tunnel central
- Protections sous caisse renforcées pour les passages sur bordures et surfaces irrégulières
Ces adaptations ne modifient pas la motorisation. Le V6 2.9 biturbo tourne avec ses paramètres d’origine. La puissance de série suffisait largement aux séquences filmées, d’autant que la vitesse réelle sur le tournage reste inférieure à ce que le montage suggère.
Pourquoi pas de version allégée ou de prototype ?
Certaines productions hollywoodiennes utilisent des coques vides montées sur des châssis tubulaires. Ce n’était pas le cas ici. Michael Bay a insisté pour filmer de vraies Giulia Quadrifoglio en conditions réelles, ce qui explique le nombre d’exemplaires mobilisés. Les dégâts mécaniques sur les pavés de Florence ont nécessité des rotations fréquentes entre les voitures.

Giulia Quadrifoglio et norme Euro 7 : le modèle du film face à l’évolution actuelle
La Giulia qui apparaît dans 6 Underground correspond à la génération lancée en 2016, avec le V6 2.9 biturbo dans sa configuration pré-2020. Alfa Romeo prolonge cette génération au moins jusqu’à fin 2027, mais les futures versions devront se conformer à la norme Euro 7, applicable aux nouvelles homologations à partir de novembre 2026.
Les prototypes récemment photographiés par la presse spécialisée montrent une Giulia Quadrifoglio presque inchangée extérieurement. Le travail porte sur la conformité moteur, pas sur le design. La puissance pourrait toutefois passer sous le niveau actuel, selon les sources techniques consultées. Ce point reste à confirmer par Alfa Romeo.
Pour les amateurs du modèle tel qu’il apparaît dans le film, cela signifie que la version pré-Euro 7 représente le pic de puissance de cette génération. Les exemplaires de tournage, s’ils existent encore, correspondent à cette configuration maximale.
Impact du film sur la cote et la perception de la Giulia Quadrifoglio
Le placement de la Giulia Quadrifoglio dans la séquence d’ouverture de 6 Underground a généré un regain d’intérêt mesurable pour le modèle. Les recherches en ligne autour de la berline sportive d’Alfa Romeo ont connu une hausse significative dans les semaines suivant la mise en ligne du film sur Netflix fin 2019.
Ce type d’exposition fonctionne différemment d’une publicité classique. La voiture n’est pas présentée dans un contexte idéalisé avec des routes de montagne vides. Elle est montrée en situation de stress mécanique extrême, dans un environnement urbain hostile, pilotée par un personnage sous pression. C’est précisément ce registre qui parle aux acheteurs potentiels d’une berline sportive à propulsion.
La Giulia Quadrifoglio du film reste, techniquement, un modèle de série modifié pour le tournage. Aucun prototype ni version spéciale n’a été créé pour l’occasion. C’est un choix de production qui renforce la crédibilité de la séquence : la voiture que le spectateur voit à l’écran est, à quelques détails de sécurité près, celle qu’il peut commander chez un concessionnaire Alfa Romeo.

