Aimez ça ou détestez ça, The Fast and the Furious : Tokyo Drift a probablement joué le plus grand rôle en amenant la dérive à l’œil du public, nous allons regarder en arrière le plus voitures mémorables du film.
Quand The Fast and the Furious a débarqué en 2001, Hollywood ne s’attendait pas à la secousse. Avec ses 38 millions de dollars de budget, personne n’imaginait qu’il grimperait à 206 millions de recettes mondiales et se hisserait dans le top 400 des films les plus rentables aux États-Unis et au Canada. Ce n’est pas rien pour un film qui a mis la lumière sur la culture tuning et l’a sortie de la marginalité pour la projeter sous les projecteurs.
Les films Fast and Furious ont changé la donne. Soudain, la scène tuning n’était plus réservée à une poignée d’initiés ; le grand public découvrait cet univers, parfois avec méfiance, souvent avec curiosité. Il y a fort à parier que quelques spectateurs lambda sont devenus accros à la bagnole après ça. Avant la saga, les tuners étaient catalogués comme des ados bruyants, dangereux et un brin inconscients, les clichés avaient la vie dure, surtout pour les conducteurs de Mustang, qui se reconnaîtront (désolé, mais il fallait le dire).
Les intrigues des films ont parfois pris des détours improbables, mais impossible de nier l’évidence : ils ont rapproché les amateurs de mécanique et le public mainstream, grâce à cette façon bien à eux de rendre la passion contagieuse.
Avec l’arrivée de « 2 Fast 2 Furious » en 2003, la franchise confirmait l’engouement. Mais jusqu’alors, la dérive n’était pas au centre du jeu. Tout bascule en 2006 : Tokyo Drift débarque et change la donne. La dérive explose aux États-Unis, portée par la popularité montante de la Formula Drift et l’influence grandissante de la scène JDM japonaise. Chris Morgan, le scénariste, relance la saga pour toucher en plein cœur les passionnés, tout en inaugurant la tradition des décors exotiques. Tokyo, épicentre de la discipline, devient le théâtre d’un blockbuster où la dérive est reine.
Pour crédibiliser le tout, la production fait appel à des pointures du drift, dont le légendaire Keiichi Tsuchiya, le « Drift King » en personne. Hollywood s’offre alors son premier vrai film centré sur la glisse, épaulé par les conseils de Rhys Millen, Samuel Hubinette, Tanner Foust, Rich Rutherford, Calvin Wan ou encore Alex Pfeiffer.
Bien sûr, certains puristes ont pointé du doigt le manque d’authenticité et les moments gênants qui jalonnent la saga. Mais qui peut résister à ce mélange d’action, de voitures modifiées et de grand spectacle ? Fast and Furious est devenu la poule aux œufs d’or d’Universal, avec plus de 5 milliards de dollars de recettes mondiales au compteur et deux nouveaux épisodes encore en préparation, même après la disparition tragique de Paul Walker.
Face à cet engouement, la franchise s’est déclinée en show live, où les fans pouvaient vibrer devant les cascades en direct. On en a parlé dans notre revue Fast & Furious Live.
Le film Tokyo Drift a mis en scène un casting automobile de rêve : légendes JDM, muscles américains, raretés importées. Plus de 200 voitures, venues des quatre coins du globe, ont été alignées rien que pour ce volet. Pour vous donner une idée, rien que pour les besoins du film, onze Nissan 350z ont été expédiées du Japon, la conduite à droite étant indispensable à Tokyo. Trois d’entre elles ont fini sacrifiées dans des scènes de crash mémorables.
La production a aussi mis la main sur dix Mitsubishi Lancer Evolution IX, la plupart modifiées en propulsion pour les séquences de drift. La plupart des modèles, hors production à l’époque, ont été chinés sur le marché de l’occasion : Nissan Silvia, Mazda RX-7, Toyota Chaser… Malgré l’argent d’Hollywood, impossible de faire autrement.
Au final, la note grimpe à plus de 7 millions de dollars rien que pour les autos. Une bonne partie de ce budget a servi à métamorphoser chaque voiture, parfois jusqu’à changer de châssis pour coller à l’image du film, on en parle en détail dans notre article sur la Skyline de Paul Walker.
Passons à ce qui vous intéresse : les machines les plus marquantes de Tokyo Drift. Voici notre sélection, avec détails et anecdotes à la clé.
2001 Nissan Silvia S15 Spec-S, « Mona Lisa »
Difficile de rater Mona Lisa, l’une des stars du film, même si son temps à l’écran a été bref. Deux membres de notre équipe possèdent une S15, alors autant dire que la voir en tête de liste a du sens. Son look C-West et ses couleurs osées ne font pas l’unanimité, mais impossible de nier l’impact : la S15 a gagné une notoriété mondiale grâce à elle.
Dans le film, Han considère Mona Lisa comme sa préférée, mais il la confie à Sean Boswell pour un duel contre D.K. Malgré une initiation express au drift, Sean expédie la S15 dans les piliers du parking. Plus tard, après la mort de Han, la voiture réapparaît, cabossée, alors que l’équipe cherche des pièces pour retaper la Ford Mustang Fastback 1967.
Modifications
Le modèle utilisé était une SPEC-S S15, équipée d’un moteur SR20DE atmo. Ce choix n’est pas anodin : en vrai, les modèles turbo sont plus chers, donc on préfère souvent les versions atmo pour les modifier à moindre coût. Ici, la S15 du film a reçu un bloc RB26 de Skyline GT-R, six cylindres en ligne bien connu des fans.
Extérieurement, la S15 arbore un kit C-West DRFT, des rétros Ganador et un aileron GT C-West. À l’intérieur, on retrouve les incontournables sièges Recaro avec harnais Takata, un volant Sparco, des jauges Auto Meter, un combiné d’instruments en alu, une cage personnalisée et, bien sûr, une bouteille de NOS.
Côté roues, ce sont des Volk Racing GT-7, en 19 pouces : 8,5 à l’avant, 9,5 à l’arrière, chaussées de Toyo Proxes T1R (235/35/ZR19 devant, 255/30/ZR19 derrière).
2003 Nissan Fairlady Z (Z33), D.K.
Takashi, alias Drift King (D.K.), roule en Nissan Fairlady Z, la version japonaise de la 350z. Elle s’impose dès la première course contre Mona Lisa, et D.K. l’utilise à plusieurs reprises pour affronter Sean ou poursuivre Han et Neela. Le point d’orgue : le duel sur le Suicide Mountain, où la Z33 finit sa course sur le toit, après avoir franchi la falaise. Pas étonnant qu’il ait fallu onze exemplaires pour le tournage !
Modifications
Visuellement, cette 350z est une réussite. Le kit VeilSide Ver. 3 donne une allure musclée sans tomber dans l’outrance, renforcée par un capot carbone VeilSide, des rétros Ganador et un schéma de couleurs sobre. Sous le capot, le VQ35DE d’origine reçoit un kit biturbo signé APS, pour une puissance annoncée de 460 chevaux aux roues, avec une ligne d’échappement Magnaflow.
La tenue de route est revue avec des ressorts courts RS*R, des jantes VeilSide Andrew Evolution V (19×9 à l’avant, 19×11 à l’arrière) et des pneus Toyo Proxes TR1R (245/35ZR19, 285/30ZR19). L’intérieur reste discret : sièges Sparco, harnais, volant et une cage sur mesure.
1997 Mazda RX-7
Han ne plaisantait pas avec sa collection : sa RX-7 VeilSide Fortune est l’une des plus belles pièces du film. Après que Sean ait détruit la S15, il prend le volant de la RX-7 pour les courses suivantes, notamment la poursuite dramatique à travers Tokyo et Shibuya. La scène finale est explosive : la RX-7 finit sur le toit, en flammes, et Han y laisse la vie.
Modifications
Ce modèle a été préparé par VeilSide pour le Tokyo Auto Salon 2005, puis racheté par la production et repeint. Le kit Fortune transforme radicalement la RX-7, chaque panneau de carrosserie y passe, y compris le toit. Avec une largeur accrue de 5 à 6 pouces de chaque côté, cette RX-7 impose le respect.
Les jantes sont des VeilSide Andrews EVO-V, en 9 pouces à l’avant et 12 à l’arrière, nécessaires pour remplir les ailes surdimensionnées. Les freins Rotora à étriers 4 pistons, combinés aux coilovers A’pexi N1, assurent le freinage et la tenue de route. Côté moteur, on reste sur le rotatif d’origine, mais dopé par un turbo HKS T04Z, un intercooler HKS et une ligne titane VeilSide. L’habitacle n’est pas en reste : installation audio Alpine, sièges VeilSide D1, écran de tableau de bord 8 pouces… Pour l’anecdote, la voiture utilisée dans le film existe toujours et continue de faire tourner les têtes.
1967 Ford Mustang Fastback
Première auto non-JDM de la sélection, mais pas de panique : sous le capot, une surprise de taille attend les puristes. Cette Mustang appartenait au père de Sean Boswell, retrouvée sur une base militaire et remise en état pour le grand duel final contre D.K. Particularité : le moteur RB26 de la S15 accidentée de Han a été transplanté dans la Mustang, créant un hybride explosif.
Modifications
Installer un six cylindres Nissan GT-R dans une Mustang américaine n’a pas dû plaire à tout le monde, mais le résultat est là. Il aura fallu deux mois et pas mal d’astuces pour adapter le bloc RB26 (annoncé à 500 chevaux) et une boîte de Skyline GT-S à la Mustang, tout en gardant la propulsion arrière. Bras de suspension Global West, amortisseurs KYB, roues Volk GT-7 19 pouces et pneus Toyo Proxes : la touche JDM s’invite même sur l’icône américaine. Les freins Wilwood 4 pistons assurent le ralentissement. L’intérieur reste d’origine, avec quelques discrètes modifications. Deux Mustang jumelles ont été préparées, toutes revendues aux enchères après le tournage.
2004 Mazda RX-8
La RX-8 de Neela a peu de temps d’antenne, mais l’une de ses apparitions marque les esprits. Neela y montre toute sa maîtrise de la dérive sur la montagne, en parfaite synchronisation avec son équipe. On la revoit brièvement lors de la confrontation finale entre Sean et Dominic Toretto.
Modifications
Le kit carrosserie VeilSide D1-GT s’impose, avec un dégradé bleu-noir façon Team Burst. D’autres accessoires VeilSide complètent le look, dont un capot carbone peint et un aileron GT. Sous le capot, le rotatif 13B reçoit un turbo Greddy et une gestion moteur, associé à une ligne Tanabe. Les suspensions sont améliorées avec des ressorts Tein, une barre anti-roulis Cusco et un différentiel LSD Cusco. Les jantes Volk Racing GT-AV 19 pouces chaussent du Toyo Proxes, et l’habitacle accueille harnais Takata et volant Nardi.
2006 Mitsubishi Lancer Evolution IX
Encore un cadeau de Han à Sean, pour remplacer la S15 détruite. L’Evo IX, modifiée en propulsion par l’équipe de Rhys Millen, permet à Sean de perfectionner sa technique de drift et de remporter plusieurs courses, jusqu’à la fameuse poursuite urbaine tragique.
Modifications
Le passage en propulsion s’est fait facilement, en déconnectant le différentiel avant. RMR a apporté quelques touches au 4G63 turbo de 2L (admission, descente RMR), mais rien de radical. L’auto reçoit un kit APR, un aileron, des rétros latéraux, des jantes Rays G-Games 99B 19 pouces (8,5 de large) montées en Toyo Proxes T1R. Les sièges Recaro d’origine, harnais Takata et volant Sparco complètent l’ensemble, fidèle à l’esprit JDM.
2002 Nissan Fairlady Z (Z33), Morimoto
Morimoto, l’acolyte de D.K., apparaît avec sa 350z lors de la confrontation contre Sean dans l’Evo IX, puis lors de la poursuite à travers Tokyo. C’est lui qui finit sa course dans le trafic, victime du chaos généralisé propre à la saga.
Modifications
La 350z de Morimoto est restée stock au niveau mécanique, les changements étant purement esthétiques : kit G-Force Top Secret élargissant la caisse de 2 pouces de chaque côté, capot Top Secret FRP, aileron carbone, jantes Volk GT-C (18×9 et 18×10) en Toyo T1R, sièges baquets Recaro. Et, bien entendu, la fameuse bouteille de NOS, juste pour le clin d’œil.
1971 Chevrolet Monte-Carlo
Sean Boswell semble avoir piloté tout ce qui roule, y compris cette Monte Carlo 1971, vue lors de la course d’ouverture contre Clay et sa Dodge Viper SRT-10. Après un affrontement musclé et quelques dégâts matériels, Sean remporte la course mais termine la Monte Carlo sur le toit. Résultat : voiture détruite, arrestation, et onze exemplaires sacrifiés à l’écran, avec neuf cascadeurs mobilisés pour les scènes d’action.
Modifications
Pas une auto de drift, mais la Monte Carlo a tout de même reçu un traitement de choc. Deux des neuf voitures principales embarquaient un bloc 509 de 560 chevaux, mais les vedettes étaient équipées d’un V8 Bill Mitchell 632 ci, soit 10,3 litres et 800 chevaux. Carbus racing, piles à combustible, NOS, tout y passe. La boîte Richmond T-10 à 4 rapports, la suspension Global West et les pneus slicks Goodyear Eagle offraient à la Monte Carlo de quoi tenir tête à bien des adversaires. Les autres exemplaires étaient moins musclés, certains sans moteur, mais tous prêts à encaisser les cascades.
Conclusion
L’envie de revoir Tokyo Drift vous chatouille ? Vous ne serez plus tout à fait le même spectateur : chaque voiture, chaque détail technique prend une nouvelle saveur quand on connaît les dessous du tournage. Et si vous voulez creuser les coulisses du tuning hollywoodien, jetez un œil à notre dossier Paul Walker, vous y découvrirez des modifications parfois étonnantes… Fast and Furious : Tokyo Drift n’est pas le Graal des puristes du drift, mais il a offert à la discipline une visibilité inespérée. Et rien que pour ça, difficile de ne pas en redemander.









