Pourquoi le VW Amarok V6 TDI 224 séduit tant les passionnés

Quand on vous propose un test d’utilité, l’enthousiasme n’est pas le premier sentiment qui vous vient. Mais là où il devient intéressant, c’est qu’une VW Amarok V6 TDI de 224cv entièrement équipée est considérée comme un véhicule commercial !

Mise à niveau

Lancé en 2010, l’Amarok a d’abord fait son apparition comme pick-up taillé pour l’utilitaire, équipé de moteurs diesel 4 cylindres au tempérament sage. Mais rapidement, le marché français et européen en a voulu davantage : le luxe s’est invité à bord, transformant la plupart des Amarok vendus en modèles haut de gamme. Lors de son restylage de mi-carrière, Volkswagen a décidé de hausser le ton. Recette simple et efficace : six cylindres, design affirmé, intérieur valorisant et équipements à la hausse.

Visuellement, cette phase 2 ne bouleverse pas tout, mais chaque détail a été soigné pour coller à la nouvelle identité de la marque. Optiques redessinées, bouclier avant plus musclé, feux arrière assombris et jantes de 18, 19 voire 20 pouces qui font doucement glisser l’Amarok vers le territoire des SUV.

Un habitacle soigné, mais tout en plastique rigide

L’inspiration SUV premium s’invite aussi à l’intérieur : tableau de bord soigné, design plus sérieux, écran tactile moderne compatible Android Auto et CarPlay. Les sièges en cuir du modèle essayé ajoutent leur touche de raffinement. Pourtant, impossible d’ignorer la prédominance des plastiques durs qui rappellent vite la vocation utilitaire de l’Amarok, loin du standing d’un Tiguan ou d’un Audi Q5/Q7. Un plafonnier basique, un assemblage parfois approximatif : l’ensemble trahit ses origines. Mais la qualité des assemblages principaux rassure, et ces matériaux semblent taillés pour durer, même après des années de chantier.

Au volant, prise en main étonnante

Une fois installé derrière le volant, le gabarit de l’Amarok saute aux yeux. On domine la route, littéralement. À tel point qu’un Volvo XC60 semble soudain minuscule. Pourtant, la technologie rend la prise en main bien moins intimidante : radars de stationnement à 360°, caméra de recul, direction ultra-assistée… On s’y fait vite, même sur route étroite. La garde au sol autorise toutes les audaces, et l’on se surprend à franchir les passages difficiles sans sourciller.

Le choix du V6 TDI

Sous le capot, place au V6 TDI 3.0L de seconde génération, signé Audi. Fini le 4 cylindres : désormais, trois niveaux de puissance sont proposés (163, 204 et 224 chevaux, ce dernier pouvant grimper à 244 ch avec l’overboost). Mais c’est surtout la version la plus puissante qui attire, la différence de prix entre les versions étant minime. Plusieurs configurations existent : deux roues motrices avec boîte manuelle pour le bloc le plus modeste, transmission intégrale enclenchable pour le milieu de gamme (toujours en boîte manuelle), et transmission intégrale permanente pour la version haut de gamme dotée de la boîte automatique ZF à 8 rapports. Notre essai concerne le 224 ch associé à cette boîte auto, et le résultat est bluffant : plus de 2,1 tonnes à vide, mais un 0 à 100 km/h expédié en 7,9 secondes, vitesse de pointe à 193 km/h. Ce pick-up tracte sans broncher, même chargé, et offre une force tranquille bien supérieure à celle des anciens moteurs diesel à 4 cylindres.

Performance et agrément

La combinaison du V6 TDI et de la boîte automatique 8 rapports fait toute la différence. On oublie vite qu’on conduit un utilitaire. Seule ombre au tableau : à très basse vitesse, la boîte peut se montrer hésitante, la gestion du premier rapport étant pensée pour le franchissement tout-terrain plutôt que pour la circulation urbaine dense. Résultat, on oscille parfois entre douceur extrême et départ un peu brutal, surtout lorsqu’il faut s’insérer rapidement dans un rond-point chargé. Malgré cela, le fonctionnement mécanique se montre fluide, la boîte passant rapidement les rapports pour abaisser le régime moteur et réduire le bruit à bord. Côté consommation, sans chercher l’économie record mais en adoptant une conduite réaliste, l’Amarok tourne autour de 10 l/100 km, une valeur honnête pour un gabarit pareil.

Entre utilitaire et SUV, l’équilibre fragile

Sur la route, le passé utilitaire de l’Amarok se rappelle à vous : châssis à échelle, ponts rigides, suspensions à lames à l’arrière. Résultat : le confort reste ferme, surtout à vide, la benne sautille parfois. Il aurait été instructif de rouler avec une charge, mais ce n’était pas au programme. Malgré tout, les bruits de roulement sont bien contenus même avec les jantes de 20 pouces, les sifflements d’air restent mesurés à 130 km/h, et le moteur ronronne à un niveau acceptable. Le comportement routier est sûr, et même un brin joueur grâce à un freinage performant. Attention tout de même : si on hausse le rythme, l’amortissement montre vite ses limites. L’Amarok ne se hisse pas tout à fait au niveau d’un SUV premium en confort ou en dynamisme, mais il atteint un compromis intéressant entre utilitaire et SUV, de quoi séduire ceux qui cherchent une double identité.

Le terrain hors bitume, son deuxième terrain de jeu

Un Amarok, ça se teste aussi loin du bitume. Même si la plupart des acheteurs ne l’enverront jamais en expédition sauvage, ils auront à affronter des chantiers, des chemins de traverse ou des terrains glissants, bien plus que la clientèle des SUV premium. Sur un terrain d’essai Volkswagen, trois exercices phares étaient au programme : inclinaison latérale, passage de pont et descente prononcée. Avec un angle maxi admis de 45°, ce mastodonte encaisse sans broncher. Même pour un conducteur peu habitué au franchissement, la confiance s’installe. On apprécie l’efficacité de l’électronique embarquée : aide à la descente, ABS calibré pour la pente, gestion de la motricité sur les passages les plus délicats. Pour la majorité des usages professionnels ou loisirs, l’Amarok offre des capacités largement suffisantes, même sans expérience particulière en tout-terrain.

Pick-up premium, tarif à la hauteur

Reste la question du prix. L’Amarok vise le haut du panier, et cela se ressent sur la facture. Le modèle 204 ch démarre à 34 880 € HT, tandis que la version essayée, le V6 224 ch en finition Aventura, s’affiche à 45 980 € HT, auxquels il faut ajouter 8 000 € de malus écologique (203 g de CO2). Cependant, ce chiffre n’a pas la même portée pour tout le monde : près de 80% des Amarok sont acquis par des professionnels, pour lesquels le pick-up est considéré comme un utilitaire exempté de malus ou de TVS. Un atout de poids face aux SUV premium, ce qui explique le choix de Volkswagen de rapprocher l’Amarok de ces modèles, sans lui faire perdre sa nature utilitaire.

Un mélange qui intrigue

Au final, le VW Amarok V6 TDI associe une mécanique noble à une boîte automatique moderne, offrant une expérience de conduite bien différente de celle d’un simple utilitaire. Capable d’affronter la route comme les chemins, il supporte la comparaison avec bien des SUV, sans pour autant sacrifier ses atouts de pick-up : traction, franchissement, charge utile… À l’intérieur, la volonté de s’affranchir du code du véhicule utilitaire est nette, même si le raffinement d’un SUV haut de gamme n’est pas encore totalement atteint. Ce mélange des genres fonctionne : une fois le volant en main, difficile de ne pas y prendre goût.









Pour ceux qui ont besoin d’un outil de travail sans renoncer au confort et à la prestance, la réponse est là : l’Amarok trace sa route entre deux mondes, et c’est bien ce qui le rend si singulier.

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