Flashé par un feu rouge : comment savoir ? Infractions routières expliquées

Trois secondes. C’est le laps de temps qu’il faut à un feu rouge pour transformer un simple passage en infraction enregistrée. Contrairement à ce que l’on imagine, le radar de feu tricolore ne se met pas en branle au moindre frôlement de la ligne blanche. Il attend son instant : le franchissement complet, feu écarlate allumé depuis un minimum de trois secondes. Pour le conducteur, le flash n’est souvent qu’un mythe, invisible, discret, imperceptible derrière le pare-brise. Et même si la lumière crépite, rien ne garantit la réception d’une contravention. La plaque doit encore passer deux filtres de vérification humaine, preuve que la machine ne dicte pas tout.

Ce passage en force coûte cher : 135 euros d’amende, quatre points envolés d’un coup sur le permis. On peut contester, mais la riposte exige méthode et respect des délais.

Radars aux feux rouges : comprendre leur fonctionnement et leur rôle

En ville, le radar feu rouge s’invite aux carrefours stratégiques. Depuis 2009, il a fait son nid à 842 intersections françaises, surtout là où le flux de véhicules rend chaque franchissement risqué. Son principe est limpide : ignorer le feu orange, n’agir que lorsque le rouge s’impose. On ne discute pas avec la machine, qui se contente d’appliquer la règle.

Comment repère-t-il l’infraction ? Des capteurs, moulés dans l’asphalte juste avant le passage piéton, détectent le moindre passage alors que le feu crie rouge. Franchissez la première boucle, le système s’active. Traversez la seconde, le cliché part dans la boîte. Deux photos au moins sont enregistrées : l’une capture le franchissement, l’autre prouve que la voiture s’engage vraiment dans le carrefour.

Aucune signalisation spécifique ne prévient de la présence d’un radar. Le feu tricolore seul fait office d’avertissement. La prise de vue s’effectue depuis l’arrière, impossible donc d’identifier le conducteur sur l’image. Seule la plaque d’immatriculation devient la pièce centrale du dossier d’infraction.

Le flash se déclenche sans distinction de jour ou de nuit, mais il se fait souvent discret, peu de conducteurs le remarquent. Une fois la photo prise, elle atterrit dans un centre de traitement, où chaque dossier est vérifié à la main avant qu’un avis de contravention ne parte par la poste.

Comment savoir si l’on a été flashé à un feu tricolore ?

Pas de suspense interminable : tant que l’avis de contravention n’est pas dans la boîte aux lettres, aucune certitude. Pour l’automobiliste, le radar feu rouge fonctionne sans état d’âme, enregistrant l’infraction sans prévenir. Ni flash visible, ni signal : seule l’arrivée du courrier officiel lève le doute.

Ce document, émis par le Centre Automatisé de Constatation des Infractions Routières (CACIR), arrive en général dans les jours ou semaines qui suivent. Il détaille tout : date, heure, lieu, numéro de plaque, référence du code de la route. En l’absence de ce courrier, aucune confirmation n’est possible.

L’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) propose un accès en ligne au dossier dès que l’avis est reçu. Si besoin, il est possible de demander la photo radar, prise de l’arrière, pour vérifier la réalité du franchissement et préparer une éventuelle contestation.

Pour résumer, voici les seules preuves et démarches envisageables :

  • Avis de contravention : seule notification officielle
  • Consultation du dossier via l’ANTAI
  • Accès à la photo radar sur demande

Rien n’est laissé au hasard : sans avis, aucune preuve. L’incertitude règne jusqu’à ce que le courrier fasse foi.

Sanctions encourues : amendes, retraits de points et conséquences sur le permis

Franchir un feu rouge, c’est s’exposer à une sanction immédiate. L’amende forfaitaire s’établit à 135 €, qu’il faut régler dans les quinze jours. Au-delà, la somme grimpe à 375 €, et peut atteindre 750 € lorsque les délais sont dépassés.

Mais l’impact ne s’arrête pas là. Le code de la route prévoit le retrait de 4 points pour chaque franchissement de feu rouge. Les jeunes conducteurs, sous la contrainte de la période probatoire, voient leur capital s’effriter dangereusement. Il leur reste alors la possibilité de suivre un stage de récupération de points pour ne pas risquer le retrait du permis.

Cette infraction relève de la 4ème classe. En général, il n’y a pas de suspension automatique, mais le juge peut l’imposer en cas de circonstances aggravantes : récidive, accident, ou mise en danger d’autrui.

  • Amende forfaitaire : 135 €
  • Retrait : 4 points
  • Amende majorée : jusqu’à 375 €, voire 750 €
  • Stage de récupération de points possible

Le dossier est accessible via l’ANTAI, ce qui permet d’anticiper les démarches. Les points sont débités de façon automatique, le titulaire reçoit la notification directement. Pour les conducteurs professionnels, la perte de points peut rapidement fragiliser une activité, et le cumul d’infractions accentue le risque.

Chaque sanction reste encadrée par le code de la route, mais les circonstances individuelles pèsent toujours dans la balance. Rester attentif au feu tricolore s’avère la protection la plus efficace contre ces ennuis aux conséquences parfois lourdes.

Femme contrôle une caméra de surveillance urbaine

Contestation d’une infraction : démarches et recours possibles

Une fois l’avis de contravention reçu pour un flash au feu rouge, la contestation reste ouverte à qui veut défendre sa cause. L’ANTAI met à disposition une plateforme en ligne pour constituer un dossier. Il faut alors réunir carte grise, avis reçu, justificatif d’identité. Une consignation, le montant de l’amende, doit être versée, mais elle sera restituée si la contestation aboutit.

Plusieurs raisons peuvent justifier la démarche. Voici les situations les plus courantes :

  • Véhicule volé ou détruit (joindre la déclaration ou attestation adéquate)
  • Véhicule confié à un tiers : il suffit alors de désigner le conducteur réel grâce au formulaire prévu
  • Véhicule prioritaire (ambulance, police) en intervention

La photo prise par le radar ne permet d’identifier que le véhicule, pas la personne au volant. Si le cliché ne montre pas la plaque ou si le franchissement de la ligne d’effet n’est pas avéré, il est pertinent de le signaler. Chaque image passe sous l’œil d’un agent, laissant une marge pour souligner une erreur technique ou une confusion matérielle.

En cas d’incertitude, l’aide d’un avocat spécialisé en droit routier peut s’avérer précieuse. Le dossier est alors transféré à l’officier du ministère public. Celui-ci peut classer le cas sans suite ou saisir le tribunal de police. Verser la consignation reste obligatoire, mais la procédure suspend le retrait de points jusqu’à la décision finale. Pour les professionnels ou les détenteurs de plusieurs véhicules, identifier précisément le conducteur évite de lourdes complications administratives.

La vigilance, au feu comme dans la gestion des démarches, divise les risques et préserve le capital points. Rater ce signal, c’est parfois bien plus qu’une simple amende, c’est un point tournant sur la route de l’automobiliste.

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